Les Pays-Bas ne sont pas bien grands mais ils recèlent de nombreux petits (ou grands) bijoux, que je vous propose d’explorer au fil de chroniques.
Je vais volontairement laisser de côté Amsterdam et La Haye, que nous avons souvent le réflexe de visiter. Mais on peut aussi sortir de ces sentiers battus et rebattus !
Partons aujourd’hui en vadrouille à Schiedam.
Depuis 12 ans que j’habite aux Pays-Bas, je fais en train le pendule entre La Haye et la région parisienne pour le travail, presque chaque semaine. Je suis donc passée à Schiedam un bon millier de fois… sans jamais m’y arrêter, jusqu’à cet été.
En une visite, je suis tombée sous le charme de cette ville délicieuse, créée au XIIIè siècle mais tout à fait vivante aujourd’hui encore. Dans un enchevêtrement de canaux majestueux bordés d’hôtels particuliers opulents et de riches maisons, toujours parfaitement entretenus et fleuris, l’œil est partout attiré… par des moulins gigantesques !
On a tous l’image de Kinderdijk et de ses moulins plantés sur de petites retenues de terre et de roseaux balayés par le vent. Et bien Schiedam c’est pareil, sauf que les moulins ne sont pas alignés dans la campagne, ils surplombent la ville ! Cela donne une skyline tout à fait unique. Et cela donne aussi et surtout une touche tellement surprenante à cette riche cité !
Au détour d’un croisement de canaux ou au coin d’une petite rue, on tombe sur ces immenses moulins, les plus hauts des Pays-Bas semble-t-il. On peut en visiter plusieurs (gratuitement avec la museum card), y acheter des farines plus funky qu’à Albert Heijn (notamment si vous aimez faire votre pain, on trouve des paquets de 500g à 10kg). Parce que oui, ces moulins sont pour la plupart toujours en activité…
Il existe d’ailleurs une guilde des meuniers (Vrijwillige Molenaarsgilde) qui propose dans tous les Pays-Bas des formations pour entretenir et gérer les moulins, et à Schiedam meunier c’est un vrai business. On moud du blé (facile…) mais aussi toutes les autres céréales un peu plus compliquées à trouver dans nos supermarchés.
On y moud aussi des épices, qui ont longtemps fait la fortune de la ville, et de l’orge maltée ; ces deux produits étant à l’origine du fameux Jenever, connu sous le nom de Gin dans le reste du monde.
Le Jenever est en effet le produit de la distillation du moutwijn, formé lui-même par la fermentation d’orge germée (le malt) moulue et mélangée à d’autres céréales (sorte de whisky donc) ; ajoutez à cela de l’eau de vie de genièvre, et des épices, et vous avez de quoi remplir ces bouteilles de terre cuite qui font le tour du monde depuis le XVIè siècle.
Donc quand vous êtes redescendus de votre moulin, vous pouvez aussi aller visiter une distillerie et y déguster les breuvages maison – prévoyez de revenir en train à la maison, ça tape un peu. Maintenant que vous savez que le gin est fait à partir d’orge et de blés, vous ne regarderez plus votre botterhamje (tranche de pain) de la même manière…
- Le wiki de Schiedam
- Un article de Alambic magazine (si si, je vous promets que c’est un vrai
magasine ! ) décrivant le processus de distillation du Jenever
Caroline Gauly
Photos de l’auteur et de Faustine Gauthier
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